Le Bonbon

Cette nuit, des messages anti-avortement ont été placardés sur les Vélib’ de Paris

Dans la nuit de mercredi à jeudi, le collectif les Survivants a placardé des autocollants pro-life sur une large partie des Vélib’ de la capitale. Une plainte va être déposée par la direction de l’entreprise.

Le soleil illumine les rues de Paris ce matin, pourtant, un événement est venu assombrir le tableau pour les utilisateurs des Velib’. Impossible de rater les affiches placardées sur les vélos en libre service : à l’arrière des deux roues, cyclistes et piétons peuvent lire « Et si vous l’aviez laissé vivre », avec un dessin d’un foetus grandissant, puis devenant bébé et, enfin, cycliste.

Un collage minutieux, effectué dans la nuit par un collectif anti-avortement, les Survivants. « On pourrait croire à une publicité normale », se désole une utilisatrice du service interviewée dans Le Parisien. De nombreux internautes s’insurgent également de l’opération sur les réseaux sociaux. 


Un coup de com’ de la part du collectif 

Les Survivants, c’est un collectif pro-life qui a vu le jour en 2016, et qui multiplie les actions du genre depuis sa création, avec des coups de communication parfaitement maîtrisés. Sur leur site, on peut retrouver un communiqué de presse « Pourquoi cette opération ? », dans lequel est formulée toute une métaphore autour du vélo, de l’aventure et de la vie. 

Cette opération intervient dans le sillage de l’inscription de l’IVG dans la Constitution Française, alors qu'une proposition de loi de la Nupes a été validée en première lecture par l’Assemblée nationale en novembre. « Chaque vie vaut la peine d’être vécue. À l’heure où une proposition de loi vise à inscrire l’avortement dans la Constitution, les Survivants ont décidé d’agir au nom de tous ceux qui nous manquent. Nous ne tolérerons pas une norme suprême dichotomique où l’avortement, au même titre que le droit à la vie deviendrait un droit fondamental », peut-on lire dans le communiqué.


La direction de Vélib’ condamne fermement l’action 

Une action qui ne passe pas pour l’entreprise. « Le Syndicat Autolib Vélib Métropole et Smovengo (SAVM) prestataire de Velib’ condamnent avec la plus grande fermeté la pose sauvage sur les Velib’ d’autocollants intervenue dans la nuit de mercredi 24 à jeudi 25 mai 2023. Cette campagne d’affichage n’a jamais été autorisée », dénonce la direction de Vélib' sur son compte Twitter.


« Compte tenu du nombre de vélos et de leur circulation, nous invitons la communauté des usagers qui le souhaitent à retirer les autocollants qu’ils trouveraient sur leur vélo. » Le conseiller écologiste Sylvain Raifaud précise qu’une plainte va être déposée.


Cette nouvelle attaque contre le droit des femmes alarme citoyens, élus parisiens et politiques réunis. Une campagne qui ne doit pas être « sous-estimée », prouvant que le droit à l’avortement est « bien menacé », même en France, selon Sarah Durocher, présidente nationale du Planning Familial. « Nous inscrirons ce droit fondamental dans la Constitution », assure le ministre de la Santé François Braun. Le plus tôt sera le mieux.