Le Bonbon

De nouvelles mesures pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles en France

Ce samedi 25 novembre, la France était traversée par de nombreuses manifestations à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. La ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes Bérangère Couillard en a profité pour annoncer les nouvelles mesures du gouvernement pour continuer de protéger les femmes victimes de violences sexistes et sexuelles. 

Chaque 25 novembre depuis sa création par les Nations Unies en 1999, plusieurs pays du monde rendent hommage aux femmes victimes de violences lors d’une journée internationale de lutte. Pour l’occasion, le gouvernement français a annoncé une nouvelle liste de mesures pour protéger les femmes, alors que les associations déplorent l’inefficacité des réformes, et la persistance de la violence et des meurtres.


Le gouvernement sur le front des VSS

Vendredi 24 novembre, la Première ministre Élisabeth Borne lançait une campagne d’affichage dans les transports en commun avec comme thème "Levons les yeux" : « Neuf femmes sur dix déclarent avoir subi des agressions verbales ou physiques dans les transports en commun », commentait-elle. Pas sûr que des affiches soient la solution. Le lendemain, c’était à sa ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes Bérangère Couillard de prendre la parole.

Défendant que son gouvernement « agit depuis maintenant quatre ans » pour protéger les victimes grâce à différentes mesures mises en place, elle a pointé du doigt les ordonnance de protection, jugées « trop longues à arriver » selon les associations de défense. La solution du gouvernement : une proposition de loi visant à raccourcir le délai de délivrance des ordonnances délivrées aux femmes victimes de violences conjugales


Protection et départ facilités, aide financière garantie

« Nous avons fait passer le délai pour les ordonnances de protection à six jours. Avant notre arrivée aux responsabilités, c’était plus de 40. Nous allons faire passer une loi pour permettre de les faire passer en 24 heures », a déclaré la membre du gouvernement, citée par Le Parisien. Autre mesure : l’instauration d’une aide financière d’urgence pour ces victimes, votée en février dernier au Parlement et parue au Journal officiel samedi. Cette aide, « qui va de 250 à plus de 1 300 euros », sera effective à compter du 1er décembre

Le gouvernement va également tester dans cinq départements un « pack nouveau départ » avec un agent de CAF chargé « d'organiser, avec les associations locales, le départ des femmes ». 


Le nombre de féminicides toujours en hausse 

Des mesures guidées par l’urgence. Malgré la prise de conscience permise par le mouvement #MeToo et les réformes gouvernementales récentes, le constat des associations est dramatique : le bilan des féminicides ne cesse de s’alourdir. Depuis le début de l’année, 121 femmes ont été tuées selon les chiffres du collectif #NousToutes, qui a organisé les manifestations de samedi aux côtés de Grève féministe.

Des milliers de personnes ont marché dans les grandes villes de France, dont 20 000 à Paris (16 500 selon la préfecture de police), munies de banderoles violettes, couleur du féminisme. Des cortèges transpiraient une belle union des forces, et beaucoup de colère, aussi ; associations féministes et syndicats ont lancé un appel national pour une meilleure protection des femmes victimes de violences, dans l’entreprise, le couple, les conflits armés, bref, toutes les instances de la société. Elles évaluent le budget nécessaire à plus de deux milliards d'euros afin de lutter de façon efficace contre les violences faites aux femmes.